Les mots-clés du Spirit au rallye de la Châtaigne : chaleur, découverte, casse, hospitalité…

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Depuis un moment, au Spirit Racer, l’envie de participer à un rallye historique creusait son sillon. La proximité géographique du rallye de la Châtaigne nous a donné la dernière impulsion et nous avons sauté le pas. Le rallye se déroule fin août dans le massif du Morvan. Il se court en moderne, VH et VH régularité et, depuis deux ans, en « Legend », catégorie réservée aux voitures d’avant 1995. Sans classement ni chronos, il suit le parcours officiel. Bref, l’occasion idéale pour notre baptême !

C’est au cours d’une conversation à bâtons rompus, aux habituels rendez-vous du Bel Air — la Rochepot que Claude, le président du Spirit lance l’idée ; le secrétaire approuve. La voiture ? Claude possède une Pontiac Fiero de 1985. Que ceux qui ne connaissent pas ne reculent pas d’effroi en entendant Pontiac ! Le coupé Fiero est d’un gabarit européen, son moteur V6 de 145 CV et sa boite 5 sont implantés en position centrale arrière. Claude me convainc rapidement que c’est la voiture idéale.

Le coût d’engagement est réduit, la moitié de celui des VH ; pas besoin de passeport technique ni de licence, la carte grise et le permis suffisent. Claude, qui avait préparé son coup, possède un Tripmaster dernière génération, équipé du fameux et mystérieux cadenceur, qui permet de contrôler la moyenne horaire.

Les engagements sont envoyés, la date de la première reconnaissance est décidée ; ce sera le dimanche précédant le rallye. Le vendredi, je récupère le roadbook dans les locaux de l’ASA Morvan où on me donne également les consignes réglementaires : pas plus de trois reconnaissances, le pare-brise doit porter un numéro d’identification. Bien entendu, il faut respecter le code et les riverains ; des points de contrôle sont disséminés le long du parcours.

Le rallye se déroule sur deux jours. Le terrain de jeu ? Une boucle d’environ 100 km, qui comprend les liaisons et trois épreuves spéciales à suivre quatre fois au total, deux le samedi et deux le dimanche.

Bilan positif pour la reconnaissance

Dimanche, reconnaissance sous un beau soleil de bon augure. C’est parti, d’abord le « trip’ », qu’il faut apprivoiser et étalonner. Les bonnes vieilles bornes Michelin sont bien pratiques. Les valeurs rentrées, le vrai départ se fait du parc expo d’Autun et nous roulons vers la première spéciale. Erreur de néophytes, nous ne déclenchons pas le « trip’ » tout de suite, résultat, les valeurs sont décalées. Premier défi, maîtriser cet engin et ne rien oublier. Aujourd’hui, notre but principal est que Claude découvre spéciales et liaisons. Tout se passe bien pour les deux premières étapes, hormis un petit cafouillage du navigateur qui se trompe de case, mais rien de bien méchant.

La première page du roadbook, chaque changement de direction, les intersections ou les croisements sont indiqués, ainsi que les distances et la durée. Ici, c’est 17,22 km à parcourir en 30 minutes soit à 41,32 km/h de moyenne (en respectant le code).

 

La deuxième spéciale se termine à Moux-en-Morvan ; nous recalons le tripmaster. La navigation est plus facile s’il ne faut pas recorriger les distances. Nous ne nous focalisons pas sur les temps de parcours, roulons prudemment. Les moyennes à respecter nous semblent raisonnables. Nous devons cependant repérer et mémoriser quelques virages un peu « piégeux ».

Retour à la la case départ, déconcentré, je commets une erreur de navigation. Dans Autun, ville que je connais pourtant bien, je confonds deux cases et loupe un embranchement !

Le bilan de cette reconnaissance est positif. Tout va bien la Fiero est confortable, son V6 harmonieux tourne comme une horloge. Pas d’incompatibilité entre les deux membres de l’équipage. Rendez-vous est pris : samedi prochain au matin pour le vrai départ !

 

Le programme : une séance d’essais est prévue le vendredi pour ceux qui veulent peaufiner les réglages ; un parc de regroupement est installé à Moux. Tout au long du parcours, des espaces sécurisés sont réservés au public ; des chicanes sont placées aux endroits rapides.

Quelques détails sont vite réglés, à commencer par l’assistance… Quelle assistance ? La Fiero n’a pas besoin de remorque ; des pièces détachées ? Claude n’en a pas, une roue de secours et c’est tout ! « De toute façon, nous ne pourrions pas réparer une panne grave » souligne Claude, fataliste ! Pour l’essence, nous repérons deux pompes sur le parcours. Ce n’est pas si mal dans un secteur où elles se font rares. Quant au ravitaillement de l’équipage, il est prévu.

Le briefing des « Legend » est fixé le samedi 11 h 30. Nous y seront remis les autocollants à fixer sur la Fiero, le carnet de bord et notre heure de départ. Théoriquement 12 h 57, mais il sera retardé !

 

La partie administrative se déroule à l’intérieur du parc de l’Éduen. Des postes par catégories évitent les longues files d’attente. Quant aux vérifications techniques, elles se font dans la foulée, à l’intérieur d’un grand bâtiment voisin.

 

Beaucoup de spectateurs sur le parcours, mais aussi aux buvettes.

 

Notre Fiero est transformée en voiture de course ; bardée d’autocollants, elle retrouve ses copines de jeu dans le grand parc d’assistance.

 

Une petite photo-souvenir.

 

Au Spirit Racer, on n’est jamais seul et Jean-Luc est venu nous soutenir et… faire le clown.

 

Nous retrouvons Dany Brière, organisateur de la montée historique de Verosvres, venu en copilote de D. Marcacci, à bord d’une « méchante » Fiat X 1/9. La Lancia N° 421 à côté est celle de Bernard Trolat, un habitué des montées historiques. Quant à la Dauphine Strakit 407 de F. Hernandez, elle est équipée d’un moteur Clio.

Briefing, les consignes sont claires, ni chronos, ni compétition. Les dépassements sont interdits en épreuve spéciale. Les départs sont donnés toutes les 30 secondes. Le but est double : faire rouler des autos de collection, éviter qu’elles ne s’ankylosent dans les garages, blotties sous des couvertures et procurer du plaisir aux équipages. Bien sûr et c’est une évidence, il faut respecter riverains et commissaires. Par rapport à l’année dernière, le nombre de « Legend » a pratiquement triplé. La ou les raison(s) ?

Ce laps de temps est aussi l’occasion de faire un tour de parc, parmi les installations et assistances.

Certains équipages sont bien organisés.

 

Grosse Mustang, peut être pas la voiture idéale sur les routes tortueuses du Morvan. Il roulera à son rythme.

 

Une rare Triumph Herald ex-usine, problème de vapeur lock le samedi.

 

Quelques belles Escort, à moteur double arbre.

 

Pinto 2 litres sur cette RS 2000.

 

On revoit d’inusables Kadett, très bien préparées.

 

Un peu la chouchou du public.

 

P. Gache et sa Mazda à moteur rotatif, abandon dimanche matin.

 

Tableau de bord de DS 3.

 

La nouvelle Skoda Fabia III de Ch. Vaison.

 

Finition extraordinaire de la Skoda, on passerait des heures à tout découvrir, à commencer par la qualité des soudures.

 

Porsche 356.

 

Magnifique Djet, fierté de son équipage.

 

Petit clin d’œil à mes amis du club Alpine de Dieppe.

 

La catégorie « Legend » permet de ressortir des voitures du fin fond des garages.

 

Mise en place de la prégrille, direction le podium.

 

Une MGF qui a déjà bien bourlingué.

 

C’est parti ! L’instant est immortalisé par l’ami Jean-Luc… Surtout ne pas oublier de mettre le trip’ et les chronos à zéro.

Des philosophies qui divergent !

Dans le calme et la bonne humeur, nous récupérons des carnets de bord avec l’heure de départ, première liaison vers la Spéciale No 1 à 17 km d’Autun, le temps de parcours est raisonnable. Regroupement général, c’est le pointage des carnets de bord et… c’est l’attente ! Le soleil tape, tous cherchent une place à l’ombre, il y aurait une sortie de route en « modernes »… Le temps de dégager la route et c’est parti dans l’ordre des numéros. Nous suivons une Golf GTI, qui précède une 205 GTI et une R8 G. Ces voitures sont préparées pour les rallyes : arceaux, pneus, moteurs optimisés, équipages jeunes et fougueux ! Les départs se font toutes les 30 secondes, les dépassements sont interdits. Nous roulons sur une petite route étroite, bien sinueuse, notamment en sous-bois, entrecoupée de portions assez rapides. Des chicanes bien indiquées ralentissent le rythme, notamment à l’entrée des villages. Pour ne pas gêner nos suivants, qui roulent assez vite, Claude conduit à vue à un bon rythme. La Fiero se comporte bien. Nous n’avons pas fait de prises de notes par virage, estimant que ce n’est pas la philosophie des Legend où il y a juste un timing d’organisation à respecter. Le roadbook indique changements de cap et carrefours, mais certains équipages, mordus par le virus de la compétition, y ont ajouté des notes de virages, comme les catégories « courses ».

La deuxième étape se fait dans la foulée, la spéciale est un peu plus longue, avec des traversées de hameaux. Les spectateurs, très nombreux, sont bien à l’abri dans des lieux sélectionnés, des banderoles de bienvenue sont accrochées dans les arbres et le public s’enthousiasme et acclame les concurrents.

 

Après 2/3 km, soudain, c’est silence total, moteur coupé ! Inquiétude, jurons (censurés), manipulations de la clé et… mystère, le moteur repart. Claude se prend au jeu, la cadence augmente, les freinages sont plus appuyés, nous arrivons à Moux pour une pause de quinze minutes. Un comité d’accueil nous offre boisson fraiche et part de gâteau.

 

Passage à Menessaire, tout est OK.

 

Accueil très chaleureux à Moux, en dehors du thermomètre qui, lui, grimpe à toute allure !

 

Les Dijonnais connaissent bien cet équipage.

Même en Legend, un rallye n’est pas un long fleuve tranquille

Petite inquiétude, un concurrent nous signale un suintement d’huile à l’arrière gauche. Dans un bel ensemble, comme un seul homme, l’équipage plonge sous la voiture. Oui, cela suinte un peu au niveau du joint spy de cardan. Le compartiment moteur est brûlant, il fait une trentaine de degrés, mais le moteur ne chauffe pas.

Claude pense qu’il y avait peut être un peu trop d’huile qui, bien fluide, car très chaude parvient à franchir le barrage du joint. Nous allons surveiller, nous verrons si, une fois l’ensemble refroidi, le suintement persiste. La belle Audi quatro de Gregory Galiffi, l’animateur de C8, fait un caprice et refuse de repartir. Bien sûr, tout le monde s’agglutine autour de l’Allemande silencieuse qui, déjà, à Autun avait connu une mise en route laborieuse.

 

Gregory Galiffi de C 8 décontracté, je crois qu’il apprécie le Morvan, la Quatro peut-être moins.

Pour nous, c’est reparti, la liaison se fait à un rythme normal. À une centaine de mètres du départ de la spéciale N3, embouteillage ! Une grosse caravane, immatriculée en Hollande, obstrue la route, pourtant interdite à la circulation ! La chaussée, très étroite, monte. Sous nos yeux éberlués, le caravanier décroche son ensemble et commence à déplacer la lourde caravane. Il est seul et, bloqués par les voitures qui nous suivent, nous nous trouvons pile-poil dans la trajectoire. Notre inquiétude s’amplifie ! Oui, mais il y a un « truc ». Les yeux écarquillés, nous constatons qu’un moteur électrique se cache dans chaque roue. Télécommande en main, notre Hollandais manœuvre sans effort la caravane, au millimètre près et dégage la route. Bluffés et soulagés, nous repartons. Un peu plus tard, nouvelle attente, causée par un début d’incendie.

 

Démonstration de demi-tour d’une grosse caravane, en côte par un homme seul !

Claude repart à un bon rythme, le parcours est un enchainement dans les bois, à la corde de certaines épingles, les cailloux débordent des bas-côtés. Soudain, un petit couinement caractéristique de courroie trouble l’atmosphère de l’habitacle. Faudra retendre ! Ouh là, mais c’est une odeur de chaud ! Impuissant, Claude voit la température d’eau qui monte, le voyant d’alternateur qui s’allume…. m…, c’est la courroie de pompe à eau !

On se gare à l’entrée d’un champ, juste avant le hameau de Crapissot. Un commissaire signale notre arrêt et précise que nous ne gênons pas. Nous dégagerons la voiture après le dernier passage, nous n’avons pas courroie de remplacement, c’est l’abandon ! Nous allons expérimenter l’accueil morvandiau !

 

La fameuse courroie, bien cuite et ratatinée, avait été changée il n’y a pas longtemps… mystère !

Les spectateurs nous aident, un habitant nous offre spontanément de garer la Fiero à l’abri dans sa cour. Il nous propose même une caravane si on veut rester là ce soir ! On nous donne à boire, nous invite à venir sur l’estrade installée pour voir passer les autres concurrents. Bref c’est la fête ! Pour encore adoucir notre mésaventure, le téléphone passe et c’est Joëlle (la webmestre à tout faire du site) qui vient nous récupérer pour ce soir.

La Fiero au repos en plein coeur du Morvan, les pilote aussi !

Quelques images glanées, merci au Journal de Saône-et-Loire, au Bien Public, à F. Morello et J.-L. Audry.

Les vainqueurs en moderne sur Ford, Ch.Vaison est deuxième.

 

 

Là c’est chaud, les routes sont étroites, je préfère ne pas imaginer par temps de pluie !

 

Premier bilan

Dimanche, nous retournons à Autun voir les copains, raconter nos mésaventures, recueillir infos et anecdotes. Les abandons sont assez nombreux, la chaleur a fait des dégâts. En moderne, un gros crash a nécessité une évacuation du copilote en hélico. Au briefing des Legend, on annonce une modification de l’ordre des départs : les voitures sont regroupées par performances. On demande aussi à certains de lever le pied. Il y a une grosse différence de vitesse et de performances entre une voiture de collection dans son état d’origine que le pilote n’a pas envie de casser et une autre, préparée course ! Quant à nous, c’est le rapatriement de la Fiero qui nous occupe.

Nous tirons aussi les premiers enseignements de notre expérience dans une épreuve qui mélange modernes et historiques. En moderne, il est indiscutable que l’escalade des prix freine les ardeurs. En historique, trois catégories les VH ou véhicules historiques qui font le même rallye que les modernes, les spéciales se font au chrono et les liaisons avec un temps de parcours imposé. Les voitures doivent respecter un règlement précis, être homologuées par la fédération, tout comme les équipements (sièges, arceaux, extincteurs, etc.). L’équipage doit être licencié FFSA, les prises de notes et reconnaissances (trois au maximum) sont réglementées.

Pour les VHRS ou véhicules historiques de régularité, le parcours est identique, mais se fait à moyenne imposée. Les pilotes ont le choix entre trois catégories de moyenne : la haute, l’intermédiaire, la basse. Le règlement technique est identique à celui des VH.

En ce qui concerne les Legend, l’engagement est moins cher, pas besoin de licence, ni de passeport technique. Seule obligation, si (et uniquement si) la voiture est équipée d’un arceau de sécurité, le casque et des manches longues sont obligatoires. À l’image des montées historiques, ni chronos, ni classement. C’est, a priori, une excellente solution pour tester les rallyes historiques. Au rallye de la Châtaigne, les équipages munis d’un roadbook gèrent leurs parcours comme ils l’entendent, ils ne sont pas regroupés par dix derrière une voiture ouvreuse comme c’est parfois le cas.

À signaler aussi, l’excellent l’accueil des organisateurs et commissaires, qui savent prendre le temps de répondre à toutes les questions et celui d’un public enthousiaste, loin de l’image autophobe qu’on se plaît parfois à lui prêter.

Nous consacrerons un prochain dossier aux questions pratiques et techniques que se posent ceux qui veulent participer aux rallyes historiques.

 

 

 

 

 

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Une réponse à Les mots-clés du Spirit au rallye de la Châtaigne : chaleur, découverte, casse, hospitalité…

  • jean-luc audry  dit:

    Une aventure à renouveler absolument. Moi, je viens avec le café et les encouragements !

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