La mathématique du plaisir de rouler n’inclut pas la variable hauteur du véhicule

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Tout a commencé par un coup de téléphone. « J’ai un copain qui roule vendredi à Dijon Prenois avec des barquettes, veux-tu venir avec moi ? »

Que répondre à cela sinon : « OK bien sûr ». D’abord un petit resto sympa, puis en route pour le circuit. Claude, mon chauffeur, a une belle collection de voitures intéressantes et il choisit… la GT 40. C’est une réplique bien sûr, mais une vraie KVA, reconnue par les clubs GT 40, sélectionnée avec tous les honneurs au Mans Classic 2016 !

Au Spirit Racer on connait bien cette GT, elle a participé aux montées historiques d’Urcy, de Broye-Autun, a été exposée à de nombreuses occasions. Elle est l’aboutissement de plus de quatre ans d’efforts et de sacrifices pour ses heureux propriétaires. Je l’avais vue en construction, j’en avais apprécié le haut degré de finition, mais je n’avais jamais roulé dedans.

Mais cette fois, je vais tester. Préalable indispensable, s’installer à bord ! Elle est extraordinairement basse ! Sa hauteur totale, moins d’un mètre, est à l’origine de sa dénomination : GT 40, quarante, pour quarante pouces ! Les bas de caisse, par contre, sont très hauts. Heureusement, la porte empiète largement sur le toit, au grand désespoir des carrossiers chargés d’en régler les jeux.

Emporté par l’enthousiasme, j’en oublie que je n’ai plus la souplesse de mes 20 ans ! Première tentative, hop ! me voilà assis sur le siège, mais il reste une jambe dehors. Pas bon ! Je recommence. La technique s’améliore. Sous l’œil amusé des propriétaires, je m’assieds sur le bas de caisse, puis je pivote et installe mes jambes sous le tableau de bord. La phase suivante consiste à se laisser glisser vers le siège avec, j’espère, la douceur et l’élégance d’une feuille d’automne. Ouf, j’y suis !

Passons à la phase suivante : s’allonger sur le formidable siège baquet (il est authentique, avec les trous d’aération). J’ai bien dit s’allonger, comme dans une chaise longue. La position est vraiment surprenante. Je peux maintenant regarder autour de moi et découvrir, de l’intérieur, l’habitacle, son tableau de bord et ses boutons dignes d’un Boeing. Les deux ailes, qui dépassent du capot, servent de viseur. Le pare-brise est très incliné et relativement large. Le revêtement des doublures de toit et de portes est granité. La finition est impeccable, loin du bricolage de certains « protos ou kitcars ».

On passe à la fermeture de la porte et de la partie du toit qui va avec. Ne pas dépasser 1,80 m est recommandé voire exigé ! D’ailleurs, sur certaines GT 40, une « excroissance » permet d’ajouter un peu de hauteur. Mais pour moi ça passe ! Mais avec un casque, ce serait sans doute plus délicat. Le plafond est vraiment très bas. On n’est pas dans une cathédrale gothique, ni même romane d’ailleurs.

Rien ne gâche la musique du V8

Mon pilote s’installe avec l’élégance et la souplesse que lui confèrent années en moins et habitude. Contact, pompe à essence branchée, un appui du pouce sur le bouton rouge au milieu du tableau de bord et… le moteur démarre au quart de tour. Le ralenti du V8 4 litres alimenté par un gros Holley est stable. Le son, je dis bien le son, pas le bruit est un enchantement. La première passe sans craquement. On part en douceur. L’état des rues du village est état très moyen, celui de la route meilleur. Je profite de ces premiers tours de roue pour bien m’installer au fond du siège, les pieds bien calés contre le plancher. Vraiment confortable ! Comme on est assis très bas, lorsque l’on rejoint une autre voiture on a tendance à regarder en dessous de celle-ci plutôt qu’au-dessus. Au repos, l’essuie-glace est aussi pile dans la ligne du regard.

Énorme surprise ! Je m’attendais à une voiture vibrante, bruyante, sautillante. Eh bien, rien de tout ça ! Le châssis est extrêmement rigide, pas de couinements parasites, mis à part le capot arrière, qui grince un tout petit peu. Ce qui prouve qu’un kit bien monté est utilisable facilement. On entend bien le tempo du V8, sa douceur et son couple sont formidables. Il accepte les bas régimes et grimpe au sommet sans hésitation. Super bien réglé le « jouet » ! Bravo au mécanicien/pilote/constructeur. Bien sûr, on sent les bosses, mais moins que dans certaines voitures dites sportives. Comme nous sommes sur route ouverte et que Claude veut garder son permis, je ne peux pas juger des performances. D’un autre côté, je préfère, oui je suis trouillard !

Après notre visite au circuit de Dijon, où nos amis testent une barquette Norma 2 litres Honda et un proto à moteur V6 Nissan, c’est le retour. L’introduction du passager dans l’habitacle se fait plus facilement, promis la prochaine fois je me trempe dans un bain d’assouplissant… Le parcours est bien agréable même un peu court à mon gout, j’aurais bien refait un tour de manège.

 

 

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Encore merci à Claude et Catherine de Loisirs Créations qui sont également respectivement président et trésorière du Spirit Racer Club. Maintenant c’est « retour maison », je roule avec une voiture Matra. Formidable ! Dans la même journée une GT 40 et une Matra : « allez les Hunaudières à fond de 6 ». Oui bon, je sais ma Matra n’est qu’un Espace 1 et la dame qui est coincée dans le tableau de bord me rappelle à l’ordre si j’ai le malheur de ne pas voir un panneau : « Veuillez respecter les limitations de vitesse ».

 

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éponses à La mathématique du plaisir de rouler n’inclut pas la variable hauteur du véhicule

  • jean-luc audry  dit:

    Joliment dit !

  • Christian  dit:

    C’est où qu’on prends son ticket pour faire un tour???

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