Delage GP 1927 : dix ans de règne sur les circuits

Rubrique: Les années follesMonoplaces Commentaires: Pas de commentaire

Une des plus belles voiture de course de son époque ! Animée par un extraordinaire moteur 8 cylindres en ligne, elle a dominé pendant une décennie les circuits mondiaux.

Louis Delage est né borgne en 1874 à Cognac. En 1896, il obtient le diplôme de l’École des Arts et Métiers d’Angers et travaille ensuite chez Peugeot où il devient chef de la division de recherche. En 1905, il fonde son entreprise à Levallois-Perret. Initialement, la société construit des voitures qu’elle équipe de moteurs de Dion-Bouton et Ballot. En 1911, Delage construit une nouvelle usine à Courbevoie pour y fabriquer ses propres moteurs.

Delage était passionné par la course. En 1913, René Thomas remporte le Grand Prix de France en catégorie voiturettes avec une Delage et, l’année suivante, les 500 miles d’Indianapolis. La société Delage produit initialement des voitures relativement peu coûteuses, mais, très vite, la construction s’oriente vers les voitures de luxe et de sport. En 1923, Charles Planchon, l’ingénieur en chef est chargé de concevoir un moteur correspondant à la nouvelle catégorie deux litres. Il dessine un moteur douze cylindres en V à deux arbres à cames à tête, le 2LCV, premier moteur V 12 de course. La mise au point est longue, Delage s’impatiente, renvoie Planchon, le remplace par son assistant, Albert Lory. Terminées, les voitures finissent première et deuxième au G P de France 1925.

En 1926, un changement de règlement limite la cylindrée à 1500cc. Lory abandonne le V 12 et dessine un huit cylindres en ligne à deux arbres à cames en tête avec deux soupapes par cylindre et deux compresseurs jumelés de type Rootes, qui développent 170 ch à 8000 t/min.

La culasse est solidaire du bloc de fonte, tandis que le carter inférieur est en aluminium. Le vilebrequin en acier tourne sur neuf roulements à billes, la distribution s’effectue par cascades de pignons.

Le mécanicien à bord n’étant plus obligatoire, la voiture monoplace est plus étroite, le pont arrière et le moteur sont décalés à gauche d’environ 100 mm ce qui permet de baisser le siège du pilote. Le châssis est dérivé du 2 LCV, tout comme les freins et la direction. Ce modèle succède à la Delage 2LCV dans les épreuves de Grand Prix européennes. Bien que trois voitures aient été préinscrites pour disputer le Grand Prix de l’ACF cette année-là, elles ne prennent finalement pas le départ et, en définitive, la première apparition en course a lieu le 18 juillet, lors du Grand Prix d’Europe.

À compter de 1928, année où Malcolm Cambell remporte en septembre le Grand Prix automobile de Boulogne avec, en prime, le record du tour, Delage engage désormais régulièrement des voitures, toujours de 1 500 cm3, mais maintenant sous l’appellation de 15-S8, puis de 15-SB, ce jusqu’en 1933. À cette date, la situation financière des automobiles Delage devient délicate. La compétition est trop onéreuse, les voitures sont revendues à des pilotes privées. Une deuxième série de voitures est construite, l’usine continue l’entretien et fait évoluer les moteurs avec l’adoption d’un seul compresseur. En 1935, Delage est racheté par Delahaye ; en 1937, le Prince Bira remporte le Campbell Trophy.

Les Delage continuent de courir, avec moins de succès. Certains remplacent son moteur sophistiqué par un moteur ERA c’est la Delage ERA, actuellement quelques rares monoplaces continuent de courir en « Historique » ou profitent d’un repos bien mérité dans quelques musées.

Victoires

  • GP de Grande-Bretagne 1926
  • GP de Saint Sébastien 1926
  • GP de France 1927 (les trois premières places)
  • GP d’Espagne 1927
  • GP d’Italie 1927
  • GP de GB 1927 (les trois premières places).

Série de photos, à commencer par le fabuleux huit cylindres en ligne

 

C ‘est beau un moteur !

 

Aie… le calage de la distribution, calme et méthode obligatoires !

 

Un arbre à cames.

 

Graissage du compresseur.

Nous passons aux photos du châssis.

Construction classique à deux longerons, le châssis surbaissé passe en dessous du pont arrière, mais il est relevé à l’avant pour passer au-dessus de l’essieu.

 

Le pont arrière, décalé d’environ 100 mm, les suspensions avant et arrière utilisent des ressorts à lames.

Silhouette caractéristique de la Delage, long capot, châssis apparent relevé à l’avant et arrière en pointe à la « Bordino ».

 

 

Puis le tableau de bord.

 

 

 

Zone rouge à 8000.

 

 

Sublime !

 

En course.

Grâce aux courses historiques, on peut encore admirer et entendre le chant du 8 cylindres en ligne.

 

 

L’équipe des débuts.

 

Par rapport aux voitures de l’époque, la Delage est très basse.

Sur la première version, les échappements brulaient les pieds des pilotes, qui devaient s’arrêter pour les… tremper dans un seau d’eau !

Quelques plans et « éclatés ».

Deuxième version et culasse inversée, l’échappement est de l’autre côté, fini les pieds brulés.

 

 

 

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