À sa sortie en 1949, la 4 CV, étudiée sous le manteau pendant l’occupation allemande, est une excellente base pour la construction de voitures de course.

Des préparations de moteurs et boites de vitesses voient le jour. La régie Renault sort une version compétition de la petite berline : la 1063 (environ 70 « vraies fabriquées ») et commercialise les éléments pour modifier la voiture de série ; des moteurs sont préparés, cela va de la simple tubulure d’admission/échappement au moteur à deux ACT ! Des boites à quatre ou cinq vitesses sont construites, vaste sujet que nous détaillerons bientôt.

Mais la mécanique n’est pas tout et des pilotes constructeurs créent de nouvelles carrosseries, souvent en utilisant les trains roulants, parfois en gardant le plancher d’origine et en modifiant la mécanique, la liste est longue, le plus connu est Jean Rédelé avec ses Alpines.

VP

En 1952 Vernet et Pairard construisent une barquette très profilée, la VP. Ils battent huit records mondiaux, avec un moteur de 4 CV, préparé par le service compétition Renault, sous les ordres de François Landon. La boite de vitesses n’a que deux rapports. À 18 heures, aussitôt les records battus, la VP est emmenée au salon de Paris pour y être exposée sous le nom de 1064.

La régie récupère son moteur et… refuse de donner son homologation pour une construction en petite série de la VP. Nullement découragés, Vernet et Pairard l’engageront aux 24 heures du Mans, en 1955, la dernière version, équipée d’une boite cinq, frise les 175 km/h.

 

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Monthléry, ravitaillement pendant la tentative de records du monde, on est loin des arrêts éclairs de la F 1 moderne !

 

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Aérodynamisme soigné, roues carénées, arrière profilé, maître-couple réduit.

 

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La VP exposée sur le stand Renault du Salon de l’auto sous le nom 4 CV Renault type 1068, le meilleur tour à plus de 172 km/h, 2000 km à 166,150 km/h avec un 747 cc.

 

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La VP a conservé le moteur de la 4 CV en porte-à-faux arrière, carrosserie en aluminium, signée Antem, le châssis est tubulaire, les suspensions et freins dérivés de la berline 4 CV.

 

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Version Le Mans 1955.

 

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Version biplace.

 

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Ultime version de la carrosserie.

 

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On peut se poser la question est ce vraiment une VP ? Le radiateur d’eau est à l’avant, le moteur est-il en porte à faux arrière ? Les trains roulants ne sont pas des 4 CV, mais plutôt des R 8, mystère sur cette belle sortie de grange.

 ROSIER

Louis Rosier, pilote de GP, vainqueur des 24 heures du Mans 1950 sur Talbot, important concessionnaire Renault à Clermont-Ferrand connait bien la 4 CV. À son volant, il a gagné sa catégorie au rallye de Monte-Carlo 1949. Il étudie et fait construire, par le carrossier Moto, une élégante berlinette, mais comme le prix de revient est trop élevé, celle-ci est transformée en barquette et engagée aux 24 heures du Mans 1953.

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Aux 24 heures du Mans 1953, la barquette pilotée par L Rosier et Schollement termine en 23e position.

 

Une version dérivée est proposée aux États-Unis : la Rogue (Fripon), c’est le début des constructions de carrosserie en polyester.

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Roues à rayons Rudge, empattement 2,10 m voies, 1,22 m ce sont les dimensions de la 4 CV.

En 1955, Louis Rosier réalisera un coupé sportif sur la base de la Frégate, une collaboration avec Brissoneau est envisagée, malheureusement Louis Rosier se tue en course à Montlhéry et les projets sont abandonnés.

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Un livre très bien documenté sur cette barquette La 4 CV Bosvin Michel spéciale écrit par le fils de Camille Bosvin, Robert, édition Pixel Press Studio, magazine Gazoline.

De 1950 à 1955, elle a participé aux Bols d’Or, GP de Reims, Mille Miglia, Bressuire, 24 heures du Mans, tour de France.

Camille Bosvin garagiste à Issoudun participe à des rallyes au volant d’une 4 CV Renault, puis la transforme en barquette, gardant sa plateforme et ses suspensions, le moteur est un 747 cc, la boite est à cinq vitesses (boite Claude), la carrosserie en aluminium est fabriquée par les frères Chappe, poids total, 530 kg.

 

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Sur cette première version, le moteur est en porte-à-faux arrière.

 

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Elle est rapidement modifiée en moteur central arrière. Pour inverser le sens de rotation et avoir cinq marches avant ; la boite de vitesses est modifiée. La BSM est l’une des premières barquettes 4 CV dont le moteur est en central arrière, comme les barquettes modernes. La carrosserie, modifiée, devient plus courte et fuyante.

 

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Pour améliorer la visibilité de nuit (la VSM participe aussi à des rallyes), l’avant est ensuite modifié.

 

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Un châssis tubulaire est fabriqué par C. Bosvin, son poids 18 kg seulement, la carrosserie aluminium des frères Chappe pèse 47 kg ; poids total de la voiture, 430 kg.

 

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Le moteur issu de la 4 CV Renault est équipé, selon les versions, d’un ou deux carburateurs, des 1950 il atteint 7000 t/min pour environ 48 CV (la 4 CV d’origine 18 CV/4000 t/min), vitesse maxi 175 km/h.

 

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Version des 24 heures du Mans avec les roues à rayons Rudge.

 

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Ici au GP de Reims.

Le livre écrit par Robert Bosvin contient une foule de renseignements intéressants, photos du châssis tubulaire, images d’ambiances en courses, palmarès, etc., un ouvrage à recommander.