La Lotus 25 monoplace de F 1 a couru de 1962 à 1967 : 13 victoires, 17 pôles, 14 meilleurs tours, par le seul Jim Clark ! Retour arrière : en 1961, chez Lotus on prépare la type 24, elle-même dérivée de la 21, monoplace à châssis tubulaire. Mais en étudiant un châssis de biplace sport à poutre centrale, Chapman pense à mettre le pilote à l’intérieur de la structure et non à l’extérieur.

Des monoplaces monocoques ont déjà été construites : la Trimax…

 

 

Trimax Formule Racer 500

Ou la Jaguar D sport biplace à coque centrale et armature tubulaire avant. BRM avait aussi envisagé la construction monocoque pour ses F 1. Plus précisément, on devrait parler de semi-monocoque ; de par l’ouverture de la partie supérieure, appelée aussi baignoire à cause de la position couchée du pilote. Le fameux châssis-coque est né d’une idée de Colin Chapman et de Franck Costin et d’un croquis gribouillé sur un coin de serviette au restaurant. Puis, Chapman réalise quelques esquisses qui préfigurent la coque de la 25.

Une version à châssis « classique tubulaire », la 24 était aussi en fabrication et destinée à quelques clients Lotus, pas certain du résultat étudie en secret la 25. Elle est construite en aluminium L 72 riveté et collé selon la technique utilisée en aviation et reprend les suspensions de la 24. Réglées plus souples, elles fatiguent moins le châssis, c’est 22 kg de gagnés et le moteur participe à la rigidité. La coque est constituée de deux caissons latéraux contenant les réservoirs d’essence en caoutchouc, plus un troisième derrière le siège du pilote. Ils sont reliés par des couples en alliage léger, celui de l’avant sert de support à la suspension dons les ensembles ressorts amortisseurs sont à l’intérieur de la coque. Certes, la 25 coûte plus cher à fabriquer, mais le surcoût est compensé par un entretien plus facile.

La 25 est équipée du nouveau V8 Conventry Climax FWMV. Au début des roulages, des ennuis d’échappement, de purge du système refroidissement et un embrayage fragile posent des problèmes.

 

 

Jim Clark, meilleur pilote de tous les temps ? Débats sans fin, mais peut-être le plus beau mariage entre un pilote et sa voiture.

 

 

 

Nous entrons dans l’époque où les pilotes sont de plus en plus couchés dans les voitures, les cockpits sont de plus en plus étroits et les pilotes passent à la taille jockey.

 

 

 

 

Si vous aviez été pilote de F 1 dans ces années-là, voilà ce que vous auriez vu !

 

La 25 sans roues ni ailerons, une merveille de finesse !

 

Champion du monde.

Quelques plans

 

 

Le pilote est allongé entre les deux réservoirs.

 

La coque est échancrée à l’arrière pour laisser la place au moteur qui participe à la rigidité de l’ensemble.

 

Radiateur et réservoir d’huile à l’avant, la petite écope sert à refroidir les amortisseurs.

 

Le couple avant supporte les suspensions « in board » par culbuteurs, le pédalier suspendu et la crémaillère.

 

Triangle supérieur caréné et amortisseurs intérieurs pour diminuer les trainées aérodynamiques.

Le moteur Coventry Climax F WMV

Issu du petit quatre cylindres en ligne tout alu type IL 4 de 741 cc (64,6 x 57,1), alimenté par quatre carburateurs Amal de moto, capable de 82 cv à 8200. Ce moteur fabriqué pour des motos pompe sert de base au nouveau V8 appelé FW pour ultra léger (110 kg), deux ACT et deux soupapes par cylindre. Étudié à partir de 1960, vendu 2500 £ de l’époque, il est monté sur les Brabham en 1961 et les Lotus 18 de Rob Walker. Il est alimenté par quatre Weber puis par injection Lucas et allumage électronique ; sa puissance ira de 170 à plus de 200 CV, avant qu’il soit modifié avec quatre soupapes par cylindre.

 

 

 

Le MK 3 V8 a 90° tout aluminium, deux soupapes par cylindre, les arbres à cames sont entrainés par chaines, 1495 cc, 67,9 mm x 51,06 mm, taux de compression 11 à 1 ; le MK 3 développe 195 CV pour 9500 t/min, son couple est de 160 Mn à 8000 t/min, un défaut : les vibrations.

Jim Clark : on ne peut pas parler des monoplaces Lotus sans évoquer son pilote fétiche.

 

James Clark, surnommé Jim naît en mars 1936 en Écosse d’une famille d’éleveurs de moutons et décède le 7 avril 1968 à seulement 32 ans, lors d’une course de F 2 sur le circuit d’Hockenheim en Allemagne.

Il a participé à 72 courses : 32 podiums, 33 pole positions et 28 meilleurs tours en course. Il a remporté 25 victoires, été sacré deux fois Champion du monde, en 1963 et 1965. Il a aussi gagné les 500 Miles d’Indianapolis en 1965.

Son style de conduite, très élégant, tout en douceur et fort rapide, sa régularité de métronome ont fait sa réputation.